Jeunesses Communistes Révolutionnaires

Accueil > RED > 2006 > RED 73 - octobre 2006 > Kultur > « Le vent se lève », de Ken Loach

« Le vent se lève », de Ken Loach

vendredi 12 janvier 2007, par JCR-RED

Quand les gens se révoltent, ils ont le sentiment qu’il s’agit d’un mouvement spontané, mais, s’ils connaissent la longue lutte qui les a menés jusque-là, ils n’en seront que plus forts. » (K.L.)
Les films de Ken Loach ont pour ambition de faire avancer la conscience de classe : tantôt il nous montre que l’individu n’est pas maître de son destin dans cette société destructrice (Sweet sixteen), tantôt il nous montre que les luttes collectives par contre sont la seule issue, c’est le cas dans Land and Freedom (révolution espagnole) ou Le vent se lève.

SYNOPSIS
Irlande en 1920 : nous suivons un groupe de paysans qui prend les armes contre les Black and Tans1, troupes anglaises présentes pour mater l’insurrection irlandaise. Damien suit son frère, rejoignant l’Irish Republican Army. Le traité qui met fin aux combats suscite des divisions au sein des nationalistes républicains, c’est la guerre civile, une lutte fratricide.

Depuis 1192, l’Irlande est sous domination britannique. En 1912, le premier ministre britannique cède un petit peu d’autonomie à l’Irlande. Cette demi-mesure ne satisfait personne à commencer par les unionistes2 qui font un coup d’état, sous le regard bienveillant des britanniques. A partir de cette date l’affrontement se prépare de chaque côté. L’Irish Citizen Army 3et les Irish Volunteers (qui formeront ensuite l’IRA) déclenchent une insurrection le 24 avril 1916 à Dublin. La révolte est sabrée ainsi que ses dirigeants, on compte plus de 5000 arrestations, James Connolly 4est condamné à mort avec 15 camarades. La lutte armée contre l’indépendance s’ouvre réellement à la fin de la Première Guerre Mondiale en janvier 1919 lorsque le Sinn Féin 5se déclare parlement d’Irlande indépendante.

Le 10 juillet 1921 est signé le traité de paix entre l’IRA et l’Armée Britannique. Il impose la partition de l’Irlande. L’Irlande du Nord reste dans le Royaume-Uni, les unionistes gardent le pouvoir et les catholiques restent des citoyens de seconde zone. La République d’Irlande indépendante est toutefois un dominion. Le Sinn Féin, comme les deux frères est divisé. Certains, comme Teddy, soutiennent la position de Michael Collins et d’Arthur Griffith et acceptent cette paix. D’autres veulent une paix plus juste, ceux qui soutiennent notamment De Valera. Damien se bat pour une Irlande unie et socialiste.

La république d’Irlande est proclamée. S’ensuit une discussion, le nouvel Etat Irlandais doit il s’allier avec les riches ? Pourquoi la population irlandaise, majoritairement paysanne et pauvre, se battrait elle si cela revient à changer la nationalité des dominants ?
Les négociations sont elles la seule voie possible ? Sont elles la marque d’une soumission à l’impérialisme ? Cette question est posée aujourd’hui encore en Palestine.

« Si on en avait su un peu plus sur l’Irlande, on aurait hésité à se rendre en Irak. » (éditorialiste du Guardian)
Le film insiste sur la violence et l’illégitimité de l’armée anglaise lorsqu’elle occupe l’Irlande. Or aujourd’hui les mots « armée anglaise » et « occupation » nous rappellent l’Irak. Le réalisateur, engagé dans la coalition Respect, fait réfléchir et condamne l’occupation de l’armée anglaise, ou qu’elle soit.
Cela n’est pas explicitement montré dans le film, mais sous entendu, lorsque l’on traite de la question irlandaise : la stratégie de cloisonnement, de discrimination et de division a-t-elle déjà servi au peuple ? Cela n’est pas le cas en Irlande du Nord où l’Etat britannique pour asseoir sa domination s’est appuyé sur les protestants loyalistes discriminant les catholiques. Ce ne sera pas le cas en Irak non plus.
On lui a aussi reproché de raviver des haines passées, effectivement « pour contrôler le présent il faut contrôler le passé », « ils nous mentaient avant ils nous mentent aujourd’hui » (K.L.).

Mélanie, [Marseille]

Messages